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 Imagine la suite [Libre]

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Java Cooperstein
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MessageSujet: Imagine la suite [Libre]   Lun 25 Mai - 12:51

Avaler deux trois noisettes et s’imbiber de notions grammaticales avait été tout ce dont Java sut –ou put- faire de sa matinée. Dur, dur, je vous l’accorde. Mais la vie ces temps ci était d’une monotonie écœurante et le simple fait de se lever alors, avait le cruel parfum de l’ennui. D’ailleurs cette langueur général commençait à légèrement, mais très nettement, plomber le moral de notre jolie brune, déjà assez tourmentée par ces nouvelles sensations qui lui parvenaient, lui torturant l’esprit inlassablement. Elle avait d’ailleurs l’impression que tout s’articulait comme ces mantes religieuses, lentement, mais non moins dangereusement cela dit. Ce ralentit avait un certains poids sur elle, il lui pesait lourd d’ailleurs, et c’est pourquoi elle exécrait prodigieusement sa condition actuelle qui l’enrageait comme une furie. Ne serait ce qu’au simple son de Kessycaca, cette petite dinde farcie qui osait prétendre à ce qui lui revenait de droit, qui éveillait en elle un désir fulgurant de familiarité. Il faut avouer que cette stupide blonde ne devait pas savoir sur quel terrain elle s’engageait de toute évidence. Tant pis, bientôt un obus ne manquerait pas de faire exploser comme il se doit sa petite face de mouche à merde prétentieuse. En attendant, elle se contenterait de distribuer, comme de coutume, ses sourires amicaux qui plaisaient tellement à cette jolie crétine et à tant d’autres même.. Ah ces autres ! Attachés à elle comme de vulgaires sangsues baveuses, ils rendaient son quotidien un peu plus animé cela dit. Et si cette cour de mollusques devait suffire à atténuer sa rage, elle était prête à faire un petit effort pour les supporter. Vous savez, il y a de ces microbes nécessaires à la survit parfois. Le seul hic serait que ceux-ci pullulent vite, au risque même de vous étouffer. Mais Java parvenait à obtenir la juste distance qui créait cette limite d’où la réserve n’était plus que mot d’ordre. C’est ainsi vérité, elle n’était pas une jeune femme que l’on aborde à la légère. Certainement dégageait elle cette prestance naturelle qui écrasait de son imposant ses petits camarades. Ou même, avait elle peint sur le visage ce caractère de fruit défendu, de symbolique démon. Il y avait certes dans ces yeux des lueurs malveillantes, sinon hypnotisantes, et son parfum embaumait méphistophéliquement comme autant qu’il traîne encore dans vos draps au réveil.. Seule trace d’un passage furtif, mais non moins mémorable. Combien étaient ils, qui avaient alors succombés à la tentation, qui avait été bernés ou trompés tour à tour, bercés d’illusions ? Ne serait ce que son bel ami, Jake, qui devait souffrir de ses indécisions, de ses déchirement, de ses préoccupations intérieurs. Mais, de nature égoïste, du reste, elle se fichait pas mal. Enfin, revenons au précieux présent voulez vous..

Le cul rivé sur sa chaise, avec l’expression terriblement lasse de ceux qui ont tout vu, la jeune femme écoutait à moitié sommeillant son cours de littérature qui s’achevait presque. Le prof s'acharnait maintenant à acquérir le silence auprès de ses élèves fauves, et finalement, dans un ultime geste de désespoir, conclu à donner à qui voudrait la date du prochain devoir,

« Mardi 15 septembre, n'oublier pas votre fiche de lecture, se sera.. un commentaire de.. »

Un dernier tic de pendule, et la sonnerie eût raison de sa liberté. Enfin. Refermant d’un geste féroce ses cahiers griffonnés, elle quitta alors la salle avec devant elle une heure de trou qui s’annonçait fatale pour celui qui aurait à la supporter sans doute.. Oui, il faut dire que les sujets qu’elle avait ruminés jusqu’à présent n’étaient pas pour arranger son humeur certes. Elle s’engagea sans plus attendre dans le couloir, et, alors que sa démarche se voulait chaloupée, elle ébouriffa nerveusement ses longs cheveux bouclés. D’ailleurs, scandaleusement montée sur des escarpins Jimmy Choo (ne faisons pas les choses à moiter tant qu'à faire), ce n’est pas pour autant que la sulfureuse ruskov chancelait ou même ralentissait, non, elle avançait droit devant, trahit de ce qui la tracassait par les traits de son visage légèrement crispés. Cet air imparfaitement agacé lui rendait merveilleusement bien il faut dire..
A cran j’entends ? Si c‘était le cas dès lors, attention à la gâchette l’ami, la sienne est si rapide que vous n’auriez même pas le temps de dire ouf. Heureusement pour vous, le pire n’est pas encore arrivé. Ahah, si seulement cela pouvait être heureux. Absolument. Et alors que la jeune femme s’engageait maintenant à droite esquivant au passage un élève qui semblait prendre toute la place du couloir, elle ne put cependant empêcher de se heurter à la porte d’un casier mal fermé. Et bim, un coup d’épaule cuisant plus tard, voilà le contenu du casier déversé sur le sol.

« Et merde. » lâcha t-elle, avec toujours cette idée de lenteur cette fois ci répercutée dans sa voix.

Se massant à présent machinalement le point douloureux, elle osa relever les yeux pour voir si quelqu’un avait remarqué cet incident, et au moment où elle songea seulement à enjamber ce tas d’immondices, ce fut là une grave erreur.. ou pas ?
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Dallace Preptone

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MessageSujet: Re: Imagine la suite [Libre]   Sam 30 Mai - 15:26

    Affalé sur sa table et les yeux rivés sur l'horloge qui trônait en haut du tableau, Dallace se demandait pourquoi on lui infligeait une telle torture. Ok, l'histoire de l'art, ça passe. Les cours de musique aussi. Mais pas l'histoire ni l'économie, bordel. Dallace s'était obligé à prendre ces deux matières uniquement pour faire plaisir à ses parents. Et aussi parce que le règlement l'obligeait à choisir des trucs qui pouvaient peut-être lui permettre un avenir potable. Ce qui signifiait un travail le cul posé derrière un bureau à participer à un système qui le répugnait. Dallace écoutait à peine ce que son professeur d'éco disait et passait généralement l'heure à dormir. C'était soit ça ou gerber à l'entendre tenter d'expliquer l'inexplicable à la bande de moutons qui constituait sa classe. La sonnerie était toujours source de presque-orgasme et Dallace n'attendait jamais l'accord du prof pour se casser, puisque de toute façon celui-ci avait cessé d'espérer voir un jour le jeune homme s'intéresser à ses conneries. Sa dernière heure de cours était maintenant passée et il lui restait toute l'après-midi pour s'occuper de choses bien plus importantes. Comme organiser sa réunion de marginaux hebdomadaires. Chaque samedi soir, il tentait de sensibiliser un maximum de personne sur les problèmes actuels de notre société autour d'un verre. Chaque samedi soir, seul Kent était présent. Mais Dallace ne perdait pas espoir d'éclairer un jour d'autres jeunes ignorants comme lui et peut-être ainsi de le faire comprendre qu'il était temps de passer à la révolution. Pacifique, bien sûr. Tant pis si ça signifiait se prendre pas mal de vents lorsqu'il distribuait ses tracts ainsi que quelques insultes. Sujet du samedi suivant : le capitalisme et la surconsommation. Banal, mais terriblement important.

    Les mains dans les poches et une roulée calée entre son oreille et sa tignasse brune jamais coiffée, Dallace avançait d'un pas décidé dans un couloir du lycée quand il vit la coupable buter dans son casier pour tout renverser et s'apprêter à faire comme si rien ne s'était passé. Dallace était un partisan de la non-violence donc il ne lui sauta pas au coup. Au contraire, il s'approcha de l'effrayante Java avec son éternel sourire qui en énervait plus d'un. La plupart de ses bouquins qui ne sortaient jamais de son casier était sur le sol mais surtout, sa cinquantaine de tracts publicitaires. Arrivé au niveau de Java, Dallace se baissa pour en ramasser une poignée avant de se relever.


    - C'est pas grave, t'inquiète. Tu peux te faire pardonner en assistant à cette réunion samedi soir. Ca finit pas trop tard. Je sais ce que tu penses. Mais crois-moi, on est pas tous une bande d'anarchistes à dread. En réalité on est que deux. Mais ce serait génial si tu y assistais. Ton influence est énorme et c'est grâce à des personnes comme toi qu'on peut faire bouger les choses. T'es partante ? Ce serait sur les effets du capitalisme sur notre façon d'agir et toute l'aliénation que ça a entraîné.

    Comme souvent, sans se douter qu'il pouvait être chiant à mourir avec ses causes perdues, Dallace parlait trop vite et dut se forcer à s'arrêter pour tendre l'un de ses papiers à Java et lui laisser le temps de répondre. Il ne la connaissait même pas. Du moins, il ne faisait pas partie de son cercle. Les populaires ne le faisaient pas fuir et il ne se sentait pas inférieur par rapport à eux contrairement à beaucoup d'autres. Leur parler avec enthousiasme et aisance était normal pour lui même s'il lui arrivait très souvent de se faire rembarrer. Qu'importe, il était borné et prêt à essuyer pas mal d'échec pour réussir à changer les choses.
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MessageSujet: Re: Imagine la suite [Libre]   Dim 7 Juin - 12:56

Ou pas. Puisque, ce qui semblait être le propriétaire du dit casier renversé, arrivait déjà avec cette mine bateau ponctuée d’un sourire dégoulinant de niaiseries assez écœurante peint sur le visage. On aurait pu de là vous annoncer la venue d’un détraqué amoureux transi de notre jolie brune mais.. Pourtant, à bien y observer, ce n’était en rien la présence de la jeune femme qui m’était l’inconnu dans cet état. Il semblait né ainsi, un peu comme une statue dont les traits sont figés. D’ailleurs –elle n’excepterait pas à la règle- ce sourire béa l’insupportait incroyablement. Mais il faut savoir que Java était d’une nature complexe et que, tout ce qui avait don de l’insupporter attisait en elle un feu violent qui, mêlant curiosité et pitié, avait vite fait de devenir un sujet d’intéressement quelconque. Pour elle, c’était très simple, son horloge n’avait guère le temps de se préoccuper de la masse, cette foule de personnes anonymement blafardes et sans intérêt. Mais il arrivait parfois que dans cette masse imposante se cache un tout petit grain de sucre, et que, par gourmandise elle l’avale aussitôt. Comprenez, ces gens socialement décalés et passionnés étaient une solution confortable à l’ennui, à cette léthargie de toujours. Il est vrai que lorsque Dieu vous fait cadeau de tout, il ne vous reste plus grand-chose à obtenir, à rêver. La vie était ainsi, misérable et plate, et ces petites pépites venaient alimenter son soleil. Vous voyez, au delà de sa cour d’insectes purulents, elle avait soin de se trouver, à chaque début de nouvelle année, quelques jouets sympathiques pour passer le temps et ainsi satisfaire ses caprices de filles maniérée. Heureux vous me direz, moins, pour ce cher petit homme qui se trouvait devant elle et dont elle avait résolument décidé de prendre pour second animal domestique.
Comme souvent déconnectée, un peu comme si le temps n’avait pas de limite, elle dévisageait infiniment le garçon. C’était là un spécimen rare qui lui donna quelques rires intérieurs. Une apparence terriblement lâche auquel on pouvait associer un léger parfum d’alcool, le tout fatalement beaufisé, en témoigne son unique cigarette calée derrière son oreille. Il avait pourtant cette aura un peu spéciale et propre aux artistes qui lui plut assez, mais cela ne suffit pas à racheter son look, misérable vestige de grenier.
Parti dans un monologue sans fin, le petit s’afférait à ramasser des sortes de prospectus sur le sol. C’était impressionnant le débit de parole que pouvait produire à la seconde ce singe. Elle pencha la tête, le regard aiguisé comme deux lames de rasoirs et avec les lèvres pincées de ceux qui s’impatientent, elle lâcha simplement :

« Tu parles, toujours autant ? »

Elle lui arracha enfin le prospectus des mains alors que celui-ci le lui tendait comme si ils avaient été deux anciens bons potes, et passa au dessus de la feuille un regard sur le jeune homme, lisant tour à tour avant de lui afficher un sourire morne.

« C’est assez ridicule je trouve.. »

Cette expression était l’une de ses favorites. Peu d’ambiguïté avec ce mot qui démontre une consternation dès plus fondée, et pourtant détrompez vous..

« .. Je veux dire cela manque cruellement d’esthétisme, oh et.. cette cigarette.. »

Affreuse, aurait elle pu ajoutée sur l’instant, mais elle ne souhaitait pas être plus désagréable pour le moment. En fait, cette dernière phrase portait à confusion, était ce bien du prospectus qu’elle parlait ? Peut être de l’individu plutôt qui sait.. Incapable de vous en dire plus, elle se contenta d’attraper d’un geste furtif la cigarette et de la replacer dans son paquet de manière adroitement rapide. A peine plus de temps qu’un battement de cil. Terriblement flippant. A croire que cette déesse était une voleuse hors pair, et bien c’est un peu ça en effet. Tel le chat dans la nuit, elle n’était guère moins silencieuse et féline que ces bêtes là. C’était assez drôle ce parallélisme d’ailleurs, d’être d’une discrétion, d’une mesure extrême et d’être pourtant épiée comme une starjetsetteuse. Abusé les amis sérieux. Mais c’était cela qui la rendait tellement insaisissable et mystifiée.

« Merci. » Elle avait cette voix suave qui dégageait on ne sait trop quel mystérieux parfum dans l’atmosphère. Bizarrement.. Cela d’ailleurs était la dernière touche de ravissement autant que d’étonnement qu’elle offrit alors à l’inconnu aux cheveux noirs de geai, puisqu’elle se trouva dans ce présent, à l’affût, reprenant une dur réalité. A l’affût. De quoi me direz vous ? Et bien, de tout, de rien, du moindre petits signes qui trahiraient dès lors notre jeune damoiseau. Elle s’entêta un instant, après quoi elle reprit la parole, cassant cette atmosphère de douce langueur.

« Très bien, le capitalisme. Toi au moins tu n’as pas peur des sujets bateaux.. Sachant que je n’ai strictement rien à me faire pardonner, je vais cependant accepter de rejoindre pour un temps votre bande, d'anarchistes, à.. dread, mais en échange je gagne quoi mon petit ? On a rien sans rien de nos jours c’est.. terrible, tu ne trouves pas ? »

Tu vois mon gas, c’est un peu comme le principe de l’élève sage en classe, qu’est ce qu’il obtient pour se tenir coi, une image. Ahah, comme elle était douce avec lui, et alors qu’elle affichait un ultime sourire narquois, elle n’arrivait toujours pas à cerner l’individu. Elle savait que lorsqu’elle commençait sa chasse, cela pouvait être déroutant, voir à vous amenez à clouer votre bec jacassant mais il semblait prêt, lui.

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Dallace Preptone

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MessageSujet: Re: Imagine la suite [Libre]   Mar 9 Juin - 13:22

    La réplique de Javotte eut absolument aucun effet sur Dallace. Parce qu'il était habitué à ce qu'on lui fasse remarquer son problème de paroles excessives. Il n'y pouvait rien. Il était un garçon passionné et il avait une fâcheuse tendance à s'emballer dés qu'on abordait un sujet pour lequel son intérêt était immense, comme maintenant. Quoiqu'il n'avait pas besoin de capitalisme ou de musique pour partir dans des tirades. Dallace avait son avis sur toutes les questions et de nature curieuse, il s'intéressait à tout et n'importe quoi et pouvait tenir une longue discussion sur la condition des orang-outan au sein de l'écosystème. Généralement il était difficile de le faire s'arrêter à moins qu'il décide de le faire de lui-même, comme maintenant. Beaucoup trouvait ça saoulant mais d'autres considéraient que ce blabla inutile faisait tout son charme et le rendait intéressant. Dire de quelle catégorie Java faisait partie via sa réplique était difficile. Mais son air impatient et la façon dont elle arracha son papier des mains montrait qu'elle avait très probablement était lassée par son discours. Les jeunes ne s'intéressaient à rien et c'était bien pour ça que le monde était en perdition.

    - Je souffre de logorrhée parfois. Mais c'est pour la bonne cause, non ?

    Son sourire n'avait pas disparu et Dallace se força à se garder la bouche fermée le temps que Java observe sa publicité. Qu'une Vestal s'intéresse à ses causes perdues était un exploit qu'il ne souhaitait pas gâcher. Ces filles étaient si populaires et admirées qu'elles étaient exactement le genre de personnes qu'il fallait pour faire avancer les choses. Qu'elles le veuillent ou non, qu'elles cherchent à l'être ou non, ces filles étaient influentes et si elle se lançait à ses côtés, d'autres suivraient c'était certain. Il suffisait de voir Java. Dallace l'observait alors qu'elle scrutait son bout de papier. Il ne lui avait jamais adressé la parole - ce qui ne l'avait pas empêché de lui parler le plus naturellement du monde. Elle dégageait un magnétisme évident qui expliquait son influence au sein du lycée. Tout chez elle donnait envie de l'admirer alors qu'il ne la connaissait même pas et même s'il n'était pas spécialement fasciné, il comprenait pourquoi d'autres l'étaient. Autant mettre cette fascination provoquée chez les autres à profit. Se taisant toujours, Dallace aurait presque pu être déstabilisé par le jeu de regards de Java, sur la feuille puis sur lui. Mais il n'était pas du genre "déstabilisable" et il en fallait beaucoup pour lui faire perdre sa confiance en lui, bien qu'elle ne fût pas extrême. Ainsi, son sourire ne faiblit qu'un peu quand le verdict tomba. Elle trouvait ça ridicule. Tant pis. Cela ne blessait pas son égo et ne le fit que se sentir un peu plus incompris alors qu'il tentait seulement d'éclairer sa jeunesse pour un monde meilleur. Le fait que Java précise un peu plus ses pensées le soulagea tout de même un peu. Ainsi tout n'était pas perdu et l'espoir de réussir enfin à rallier quelqu'un à sa cause revint.

    - Les ordinateurs c'est pas mon truc. Je préfère faire quelque chose de simple et efficace. Pas besoin de fioritures pour dénoncer le système, non ? On perd assez de temps en futilités. Le principal est que le message passe.

    Après réflexion, et surtout parce que Java avait viré sa roulée, Dallace se demanda si la remarque ne lui était pas simplement adressée. D'accord, il était loin d'avoir l'allure d'un Hermès et était carrément du genre négligé, mais tout de même. La conversation avait à peine débuté et Dallace était déjà incapable de cerner Java. De nature optimiste et ayant confiance en la bonté naturellement de l'homme et de sa capacité à s'améliorer, Dallace préféra s'imaginer qu'elle ne parlait que de son tract. Pas le moment de douter et d'échanger son côté avenant contre de la méfiance. Bien que des périodes de doute lui traversèrent l'esprit, son sourire légèrement niais persistait. Peut-être était-ce du à l'absinthe qu'il avait ingurgité dans la journée, ou juste à l'engouement qu'il éprouvait à l'idée de convier quelqu'un à sa petite réunion d'information. La tâche s'annonçait difficile alors que Java disait qu'il s'agissait d'un sujet bateau mais Dallace aimait relever tout genre de défi et il ne comptait pas repartir sans un accord. Java avait déjà oublié ce qu'elle avait à se faire pardonner et il savait déjà qu'il allait devoir ramer pour obtenir ses faveurs, même s'il jubilait intérieurement en l'entendant annoncer qu'elle allait se joindre à sa bande. Dallace savait quand même que ce n'était pas gagné, surtout qu'il n'avait rien à lui offrir. Machinalement, comme il le faisait à chaque fois lors de concentration intense, Dallace se gratta la nuque avant de se lancer.

    - Tu as déjà oublié ? Mon casier. Mais je t'ai dit, c'est pas grave. Je veux que tu viennes parce que t'en as envie et pas parce que tu m'obliges à le ranger. Et si tu viens ce sera un mal pour un bien. Ca a beau être un sujet bateau, il reste néanmoins essentiel et à la base de tout le reste ! La pollution, la délinquance, le chômage, c'est LE CAPITALISME ! Je t'ai dit qu'on était pas une bande d'anarchistes à dreads. On oublie juste de se coiffer, mais on fait pas sauter des rails. Et puis tu rajouteras un peu de sex appeal à notre groupe si tu nous rejoins. Au fait je suis Dallace Preptone, je sais plus si je te l'ai dit ? Peu importe. Tu me demandes un truc délicat mais j'aime bien cette idée, revenir au troc. On pourrait l'aborder à la réunion. Ce que tu gagnes c'est simple. Une ouverture d'esprit. Je dis pas que t'es fermée, je suis sûre que tu as déjà tes idées sur la question, mais les confronter à celles des autres c'est super enrichissant...Mais je doute que ça suffise. Je peux t'offrir un cours de guitare. Un médiator ? Une clope ? Un joint ? De l'absinthe ? Mon corps ?

    Le tout avec une rapidité et une aisance désarmantes, et surtout agaçantes. Encore une fois il ne s'était pas contrôlé et avait fini par des propositions stupides. Il y avait fort à parier que tout était perdu mais il ne s'en rendait même pas compte. Au contraire, son sourire s'était maintenant élargit pour montrer ses dents, et il avait parlé avec un engouement traduit par son dynamisme et sa façon de bouger ses bras énergiquement pour accompagner ses propos.
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MessageSujet: Re: Imagine la suite [Libre]   Dim 14 Juin - 15:01

« Je souffre de logorrhée parfois. Mais c'est pour la bonne cause, non ? »

Si tu le dis, aurait elle répliquée si elle en avait seulement eut l’envie. Contrairement au personnage ici présent, Java ne se perdait pas en blablas inutiles, ce qui était en somme l’inverse de ce jeune homme. C’était d’ailleurs si beau de le voir employer le mot fioriture. Tellement décalé vis-à-vis de son flot de parole incessante. Ce gamin était un peu comme une machine, sauf que sa batterie semblait inépuisable. Encourageant cela dit. Telle une grenouille sur ressort elle le sentait prêt à bondir à la moindre occasion qui se présenterait de l’accueillir définitivement parmi son club de détraqués. C’était relativement étouffant et assez gênant au final : Ces grands yeux constamment braqués sur elle, sans pudeur, comme ça, là. Oui, ce fut gênant car bien loin de ce dont elle avait coutume. Au-delà de son air niais et légèrement désinvolte, il y avait cette familiarité qui persistait dans ses gestes et sa façon de s’exprimer. Même son chien faisait preuve de plus de retenu à son égard, pour dire. Cela eut le dont de l’irriter tout à fait, au moins autant que lorsqu’elle eut la pensé de devoir réestimer ce chromosome XY. Dans ses yeux planait une lueur de sauvagerie, frappante, car intense et soudaine. Elle chiffonna à moitié le prospectus qui lui avait préalablement était tendu par le garçon, et afficha une mimique crispée.

Trop bavard, trop enthousiaste, trop.. Arriverait elle seulement à supporter ceci si elle devait passer plus de 10 menue minutes avec ce jeune homme ? Probablement pas. Mais pour l’instant elle ne s’en préoccupait guère. Il faut dire que le petit ne manquait pas de cran alors qu’il s’engageait dès lors dans un second monologue. Peut être un peu plus distractif ? Cela restait à voir..

« Tu as déjà oublié ? Mon casier. Mais je t'ai dit, c'est pas grave. Je veux que tu viennes parce que t'en as envie et pas parce que tu m'obliges à le ranger. Et si tu viens ce sera un mal pour un bien. Ca a beau être un sujet bateau, il reste néanmoins essentiel et à la base de tout le reste ! La pollution, la délinquance, le chômage, c'est LE CAPITALISME ! Je t'ai dit qu'on était pas une bande d'anarchistes à dreads. On oublie juste de se coiffer, mais on fait pas sauter des rails. Et puis tu rajouteras un peu de sex appeal à notre groupe si tu nous rejoins. Au fait je suis Dallace Preptone, je sais plus si je te l'ai dit ? Peu importe. »

Dallace Preptone, l’un des tarés de la bande d’anarchistes à dreads se nommait ainsi alors. Hum, tout à fait inintéressant dans le fond. C’est que Java avait une mémoire des prénoms très sélective et pour ainsi dire casi-nulle. Elle appelait souvent son prochain mon petit, Georgy ou Billy boy ou encore par une ribambelle d’autres sortes de surnoms plus inappropriés que jamais à ceux auxquels elle les destinaient. Vrai. C’était bien rare lorsqu’elle appelait la personne concernée par son prénom d’origine. Cela ne veut pas dire bien sûr qu’elle ne se souvenait pas de vous, au contraire, mais c’était une forme de plus pour montrer son détachement par apport au monde extérieur. Ce qui était assez paradoxal ici, puisqu’elle allait probablement finir avant la fin de la journée engager dans une aventure pénible pour une cause commune qui lui serait fatalement futile. Et oui, riez à en pleurer mes amis.
Mais le plus drôle était à venir.
C’est qu’il ne s’arrêtait pas avec ses bavardages qui encombraient désormais son cerveau. Il ne cessait de plus de gigoter, l’exposant à un mal de crâne assuré, torturant sa pauvre vision à coup de mouvements de bras brassant l’air avec force, farfouillant dans les poches de son jean troué pour en sortir plusieurs objets qui la fit sourire.. Sincèrement. Comme si elle en avait oublié les alentours, comme si elle en avait oublié sa condition apparente de dame de glace. Il lui fera faire vraiment n’importe quoi ce clown..

« … Un joint ? De l'absinthe ? Mon corps ? »

Réalité, réalité quand tu nous re-prends. Il était maintenant évident que cet individu avait un grain. C’était d’ailleurs assez étrange comme comportement. Être prêt à tout uniquement pour soit, d’accord, mais pour satisfaire un idéal d’une soit disant noble tâche pour l’humanité, c’était pitoyable. Jusqu’à ce presque-prostituer, cela relevait de la folie. Jamais elle ne souhaiterait se donner, elle, corps et âme pour le reste de cette misérable société. Ingrate vous dîtes ? On le savait déjà, achetez vous un commentaire.
Se trouvant alors pathétiquement peu surprise de sa dernière proposition, cela ne l’empêcha pas de lâcher un rire glacial et chargé de mépris. Prétentieusement, monsieur l’écolo pacifiste futur chômeur avait décidé de s’offrir en pâture aux lions. Subitement, elle avait changé de regard sur lui. C'est-à-dire qu’elle ne le regardait plus dans le flou, mais bien droit dans les yeux et afficha de manière anodine cette mine empreinte de malice qui amusait tant ses disciples.

« Joli prise de risque mon petit, mais je crois que tu as encore perdu une occasion de te taire. Et tout ça là, c’est trop facile. Je n’en veux pas. J’aurais bien quelque chose de plus intense pour toi.. Plus tard peut être. »

Elle lui adressa un clin d’œil avant de se détourner de son regard, alertée par une voix des plus significative. En effet une personne venait de faire intrusion dans leur petit cercle fermé et elle ne sut discerner de suite si celle-ci les agressaient ou les abordaient simplement.. Sa première réaction fut tout de même de redresser la tête pour ainsi donner cette impression de supériorité transpirante d’arrogance, le tout arrosée de dédain. Fatal.

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